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La maison écologique qui fait rêver aux possibilités

  • Writer: Nadine Duguay-Lemay
    Nadine Duguay-Lemay
  • Nov 27, 2023
  • 6 min read

Updated: Jan 12

Je suis allée visiter hier après-midi, en compagnie de mon père, la maison organique — dotée de tous les conforts modernes — de Jacques Giguère et de sa conjointe, Monique Niles, située dans la magnifique vallée de Memramcook. Cette maison, qu’ils appellent leur maison organique d’inspiration Earthship, ou encore maison écoresponsable, m’a profondément inspirée. À tel point que je me retrouve aujourd’hui à vous en parler ici, sur mon blogue.


Ce qui m’a interpellée le plus — au-delà de l’empreinte carbone réduite, de l’autosuffisance et de la beauté qui émane de cette simplicité naturelle — ce sont les possibilités qu’une maison écologique et durable représente pour notre société : développement durable, économie circulaire, création d’emplois, éducation, transfert de connaissances… et j’en passe. Sans oublier, bien sûr, les effets bénéfiques sur l’environnement.


L’expertise cherchée au Nouveau-Mexique

Ce que Jacques et Monique ont créé a demandé un engagement remarquable. Jacques me racontait qu’ils ont consacré toutes leurs fins de semaine et leurs vacances, pendant un an et demi, à la construction de leur maison. Ils sont même allés passer un mois au Nouveau-Mexique pour travailler à la construction d’une maison de ce type, afin d’en apprendre les fondements directement à la source.


Cela ne m’a pas surprise : une recherche rapide démontre clairement que l’expertise en construction écologique et responsable y est très développée. Le documentaire Home d’Apple TV, qui présente certaines des maisons les plus novatrices au monde, en fait d’ailleurs mention.


Pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est une maison organique d’inspiration Earthship, il s’agit « d’un type de maison solaire construite à partir de matériaux naturels et recyclés — pneus, canettes, bouteilles — pouvant être adaptée à tous les climats et offrant autonomie énergétique, gestion de l’eau en circuit fermé et production alimentaire durable » (Earthship Biotecture, 2024). Une maison organique utilise les phénomènes naturels gratuits — gravité, énergie solaire, masse thermique, convection — et s’intègre toujours harmonieusement à son environnement.


L'expertise cherchée au Nouveau-Mexique

Ce que Jacques et Monique ont créé a demandé un engagement remarquable. Jacques me racontait qu’ils ont consacré toutes leurs fins de semaine et leurs vacances, pendant un an et demi, à la construction de leur maison. Ils sont même allés passer un mois au Nouveau-Mexique pour travailler à la construction d’une maison de ce type, afin d’en apprendre les fondements directement à la source.


Cela ne m’a pas surprise : une recherche rapide démontre clairement que l’expertise en construction écologique et responsable y est très développée. Le documentaire Home d’Apple TV, qui présente certaines des maisons les plus novatrices au monde, en fait d’ailleurs mention.


Pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est une maison organique d’inspiration Earthship, il s’agit « d’un type de maison solaire construite à partir de matériaux naturels et recyclés — pneus, canettes, bouteilles — pouvant être adaptée à tous les climats et offrant autonomie énergétique, gestion de l’eau en circuit fermé et production alimentaire durable » (Earthship Biotecture, 2024). Une maison organique utilise les phénomènes naturels gratuits — gravité, énergie solaire, masse thermique, convection — et s’intègre toujours harmonieusement à son environnement.


Les matériaux et l’énergie

Jacques et Monique ont installé neuf panneaux solaires de 380 W chacun, couvrant 100 % des besoins en électricité de la maison. Ils ne sont donc pas raccordés au réseau d’Énergie NB. Les matériaux utilisés proviennent en grande partie de la récupération : pneus, canettes, bouteilles, mais aussi béton, bois et divers matériaux réutilisés. Les palettes de transport, par exemple, ont servi à fabriquer les lits et certains meubles de rangement.


La couche de pneus remplis de terre entourant la maison agit comme une barrière thermique impressionnante, régulant naturellement la température selon les saisons. Les panneaux solaires suffisent à l’alimentation énergétique, avec un poêle à bois et une génératrice en soutien au besoin — cette dernière n’ayant été utilisée qu’une seule fois en trois ans. Le poêle à bois requiert environ une corde et demie par année, et la consommation de propane est limitée à 250 litres annuellement pour la cuisinière et l’eau chaude.


L’eau, la lumière… et l’art

La récupération de l’eau de pluie, à partir de la toiture et du système de gouttières, est tout aussi impressionnante. Monique expliquait qu’un seul millimètre de pluie génère environ 250 litres d’eau. D’ailleurs, leurs réservoirs étant déjà bien remplis, ils ont dû fermer temporairement le système de collecte.


Dès l’entrée dans le garage, on ressent une chaleur enveloppante — au point où nous avons dû enlever nos manteaux. Monique, animée par une fibre artistique évidente, a créé de superbes faux vitraux peints pour enjoliver les portes des salles de bain et préserver l’intimité. Autre clin d’œil inspirant : on peut circuler dans la maison soit par l’intérieur, soit par la serre — un détail qui m’a rappelé la maison où j’habitais au Costa Rica.


La serre : mon coup de cœur

Dès l’entrée, on aperçoit la serre qui longe la maison. J’avais déjà entendu parler de ce concept de faire pousser arbres fruitiers et légumes à l’intérieur de l’habitation, notamment à travers des documentaires et des lectures (Stewart, 2022 ; Pardes, 2015). En Suède, plusieurs maisons écologiques intègrent d’ailleurs des espaces de culture intérieure.


Chez Jacques et Monique, une bande de sol longe la paroi orientée sud-est, permettant la culture de plantes et d’arbres. Ils ont même planté un bananier et un avocatier, d’une taille impressionnante. J’y ai vu des concombres, des courges, de magnifiques fleurs et des choux frisés géants pousser directement dans le sol du garage. Ces jardinières intérieures complètent le jardin d’été extérieur.


Imaginez cueillir vos légumes sans sortir dehors, ou simplement profiter de l’énergie, de l’oxygène et de la lumière naturelle qu’offrent ces plantes. C’est un véritable petit paradis. La lumière qui baigne la serre et la maison, grâce aux fenêtres surdimensionnées, est tout simplement phénoménale. Elle donne envie de s’y installer avec un bon livre… et d’y rester longtemps.


Les possibilités qu'offre une maison écologique

Au-delà des économies énergétiques et financières, la construction de maisons hors réseau comme celle-ci ouvre de vastes possibilités sur le plan sociétal. Ces avenues demandent toutefois une réelle ouverture d’esprit, de la vision et un engagement à long terme. Elles pourraient aussi contribuer à répondre à des enjeux bien actuels, dont la crise du logement.


Imaginez des quartiers verts, composés de maisons organiques non entassées, laissant place à la mobilité et à la culture de jardins. J’ai pensé au modèle des communautés de petites maisons (12 Neighbours) de Fredericton et à ce qu’un mouvement semblable pourrait devenir. Ce que j’apprécie profondément ici, c’est que Jacques et Monique ont bâti leur maison eux-mêmes, avec l’appui de spécialistes — à chacun son expertise. Cela ouvre la porte à un immense potentiel de transfert de connaissances : formations, apprentissages pratiques, expériences immersives, comme celle qu’ils ont vécue au Nouveau-Mexique. J’imagine très bien un mouvement Maisons organiques NB, presque à la croisée de la formation et de l’écotourisme. Je salue d’ailleurs la générosité de Jacques et Monique, qui partagent ouvertement leur savoir.


Imaginez aussi si nos entrepreneur·e·s en construction développaient cette spécialité. Bien que cela puisse bousculer l’industrie et sa chaîne d’approvisionnement, ce modèle pourrait coexister avec les pratiques actuelles, tout en répondant à certains enjeux : récupération de matériaux en fin de vie, réutilisation et réduction des déchets.


Imaginez enfin des parcours éducatifs en écoresponsabilité et en construction durable, dès le secondaire et au postsecondaire — voire plus tôt. Apprendre à bâtir avec des matériaux récupérés, à cultiver la terre, à comprendre les systèmes naturels. Ces apprentissages s’arrimeraient naturellement avec les initiatives scolaires existantes en jardinage et en agriculture, et pourraient contribuer à revitaliser notre industrie agricole locale.


Ces communautés écoresponsables pourraient aussi devenir des lieux d’accompagnement et de guérison. Je pense notamment aux personnes en situation d’itinérance ou vivant avec des enjeux de santé ou de dépendance. Inspirée des approches holistiques de la médecine autochtone, une telle vision miserait sur la connexion à la nature, à la communauté et au partage, afin de favoriser un sentiment d’appartenance durable.


Enfin, imaginez des programmes énergétiques structurants pour encourager l’adoption de sources durables, comme les panneaux solaires ou les véhicules électriques. Mon expérience personnelle durant la pandémie m’a révélé à quel point le manque d’information et d’incitatifs peut freiner la transition, même lorsque les infrastructures existent déjà. Cela souligne l’importance de systèmes cohérents et accessibles pour soutenir les citoyen·ne·s dans leurs choix.


Ces réflexions n’enlèvent rien aux solutions actuelles ni au travail essentiel des organismes et des collectivités. Elles invitent simplement à regarder plus loin. En innovation, on parle souvent d’écouter les signaux faibles — ces indices annonciateurs de transformations profondes. À mon avis, nous en avons reçu plusieurs ces dernières années. Il nous appartient maintenant de les entendre et d’y répondre avec vision, courage, engagement… et patience.


Bibliographie:


  • 12 Neighbours. La communauté de petites maisons à Fredericton.

  • CATIE. Les traditions de guérison des Autochtones nord-américains et le VIH. Source canadienne de renseignements sur le VIH et l’hépatite C.

  • Earthship Biotecture. (2024). Présentation et principes des maisons Earthship.

  • Pardes, A. (2015). Sustainable Architecture: Eco-Friendly Homes in Sweden. Architectural Digest.

  • Stewart, J. (2022). Live Off Grid Surrounded by Sweden’s Nature in the A-Frame Villa. My Modern Met.


 
 
 

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