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Le processus que j’ai entrepris pour arriver au lâcher-prise

  • Writer: Nadine Duguay-Lemay
    Nadine Duguay-Lemay
  • Sep 4, 2023
  • 6 min read

Updated: Jan 15

Au cours des dernières semaines, j’ai pris d’importantes décisions qui m’ont procuré un profond sentiment de bien-être et, surtout, qui m’ont permis de vivre concrètement les effets du lâcher-prise. Le chemin pour m’y rendre a toutefois été loin d’être simple. Le processus décisionnel a été plutôt houleux, autant pour moi que pour mes proches, qui m’ont vue faire toute une danse intérieure pendant cette période de réflexion : un pas vers l’avant, deux pas vers l’arrière, puis peut-être trois ou quatre de côté (j’aime la danse, que voulez-vous!).


Je craignais tellement de prendre de « mauvaises décisions » que, dans un premier temps, je me concentrais presque uniquement sur les résultats anticipés ou sur les conséquences avec lesquelles je croyais pouvoir mieux vivre. C’est lorsque je me suis arrêtée pour identifier les peurs qui m’habitaient — et les cordons qui m’attachaient — que j’ai pu amorcer mon propre processus de laisser-aller et prendre des décisions alignées avec ce qui était le mieux pour moi, à ce stade de ma vie.


Je ne sais pas pour vous, mais le lâcher-prise est un thème que j’ai souvent abordé au fil des ans : en coaching, en thérapie, et même dans des conversations profondes avec des ami·e·s proches. Et pourtant, il ne m’est jamais venu naturellement. Depuis un jeune âge, je me suis construite avec un fort sentiment de culpabilité, de honte et un sens très développé des responsabilités envers les autres (j’explore les racines de cela dans d’autres billets). Ajoutons à cela une profonde sensibilité à la justice sociale et un mécanisme d’adaptation qui m’a menée, très tôt, à devenir une grande performeure… et disons que ce sont là tous les ingrédients réunis pour ne rien lâcher du tout.


La maladie — une névralgie occipitale — s’est imposée il y a quelques années comme un signal d’alarme majeur. Ce qui était d’abord ponctuel s’est installé de façon permanente. Il aura fallu que je traverse cinq opérations en quinze mois, sans nécessairement ralentir la cadence professionnelle, pour que je me retrouve véritablement à terre, anéantie, et ce à plusieurs reprises au cours des douze derniers mois.


Lorsque j’ai entamé mes vacances en juillet, j’étais complètement à plat. Et le pire, c’est que je n’arrivais même plus à me ressourcer, malgré tous mes efforts. Un jour, alors que je marchais sur le sable à la recherche de verre de plage, une image s’est imposée à moi — comme un message venu de mon inconscient : un voilier, presque immobile, glissant doucement sur une mer calme, sous un ciel parsemé à la fois de nuages et d’éclaircies. Cette image, d’une puissance étonnante, ne m’a plus quittée depuis ce jour-là. C’est à partir de là que j’ai entrepris ce voyage intérieur qui m’a menée aux décisions que j’ai prises.


Identifier les peurs et couper les cordons invisibles

Mon processus a d’abord consisté à nommer les peurs et les sentiments qui m’habitaient. Lorsque j’ai reconnu, par exemple, le fort sentiment de responsabilité que je portais envers certaines personnes, j’ai choisi d’aller leur parler directement et de leur partager ce ressenti. Mon intention n’était ni de leur transférer ce poids ni de leur inculquer un quelconque sentiment de culpabilité, mais simplement de leur dire à quel point elles étaient importantes pour moi et que je ne voulais pas qu’elles perçoivent mes décisions comme un abandon.


C’est à travers ces conversations que j’ai commencé à couper, un à un, ces cordons invisibles — mais ô combien présents — qui me rattachaient à elles. J’ai reçu en retour une grande dose de compréhension et de compassion. Et, surtout, ces personnes m’ont offert ce que j’avais tant de difficulté à m’accorder moi-même : la permission de faire des choix pour moi et de déposer un sens de responsabilité qui ne m’appartenait pas.


Les pertes, les gains… et la santé avant tout

Un autre élément déterminant dans mon processus a été la sagesse partagée par mon amie et coach, Isabelle Lanthier. Elle m’a rappelé qu’avec chaque décision viennent à la fois des gains et des pertes. Une décision ne se limite pas à une liste d’avantages et d’inconvénients ; même derrière ce qui semble positif peut se cacher un deuil à traverser. Dire oui à une nouvelle opportunité, par exemple, implique parfois de quitter ce que l’on connaît et aime.


Cette prise de conscience a été un apprentissage majeur et très aidant dans mon processus décisionnel. Elle s’est aussi arrimée à une autre réalisation essentielle : celle de remettre ma santé — physique, mentale et spirituelle — au centre. En repensant à ces cinq opérations et à ces années vécues dans la douleur, j’ai compris que poursuivre sur la même voie ne ferait qu’aggraver mon état. Les signaux du corps étaient déjà bien présents : troubles digestifs, insomnie, réactions cutanées, et j’en passe. Je venais à peine de retrouver une qualité de vie grâce à une opération réussie… hors de question de la compromettre à nouveau. Non. Ça, je refuse.


Se pardonner et laisser partir la « sauveuse »

Le pardon envers moi-même a aussi fait partie intégrante de ce cheminement. Derrière les émotions intenses de la dernière année se cachaient des pensées qui remettaient en question mes choix, mes comportements et mes actions. En en prenant conscience, j’ai pu les accueillir, les comprendre, me pardonner lorsque nécessaire — ou simplement les laisser aller lorsque cela ne m’appartenait plus.


Il y a aussi eu cette réalisation incontournable : mon syndrome de la personne sauveuse devait être adressé une fois pour toutes. Un rôle qui m’a été confié très jeune par des adultes, et qui est à la fois porteur et toxique. Sur le plan positif, il m’a permis de créer du changement et d’avoir un impact. Sur le plan plus sombre, j’ai littéralement porté sur mes épaules des situations, des organisations, des personnes… au point d’en tomber malade.


J’ai même dû visualiser des conversations avec cette Nadine qui veut sauver le monde. Lui demander de faire une pause. Lui rappeler qu’elle s’épuise. Que, même si son militantisme est noble, admirable et nécessaire, elle sera encore plus utile en prenant soin d’elle-même et en se ressourçant. En écrivant ces lignes, les larmes montent. Laisser aller cette Nadine sauveuse, c’est aussi vivre un deuil : celui d’un persona qui a longtemps occupé trop d’espace dans ma vie.


La magie du lâcher-prise, incarnée

Puis, il y a eu ce moment charnière. Une conversation avec un ami, en fin de journée de travail, assis à une table de pique-nique à l’extérieur du marché de Dieppe. Il m’écoutait parler et me répétait :

« Je t’entends, mais je n’entends pas clairement tes décisions. Alors… es-tu décidée ? »

Il a dû me le dire deux ou trois fois. Et à la troisième, j’ai simplement répondu : « yeah ». Puis, en marchant vers nos voitures, c’est devenu un « yes » assumé. Je venais de décider.


Plus tard, en marchant le chien avec mon mari, je lui ai partagé mes décisions. L’image du voilier était encore très présente. Je ressentais un profond soulagement, une paix intérieure rare. Ne souhaitant que mon bonheur et mon bien-être, il était heureux — et sans doute soulagé lui aussi.


La beauté du lâcher-prise, c’est que ce que les autres disent ou pensent perd son emprise sur nous. Je l’ai vu se manifester concrètement : les réactions de mon entourage n’avaient plus de pouvoir sur mon ressenti. J’étais à l’écoute, avec compassion, mais ces réactions ne changeaient plus mes décisions.


Garder le cap

Cette paix intérieure ne m’a pas quittée depuis. Le voilier est toujours là. Je me laisse désormais guider par ce que je ressens lorsque de nouvelles options se présentent. Je constate aussi que l’univers continue peut-être de me tester : j’ai encore cette tendance à ne pas dire non immédiatement lorsqu’une opportunité se présente. J’accueille cela avec bienveillance.


Je sais maintenant que l’essentiel réside dans la trajectoire et dans le processus. Lorsque je ressens du stress, de l’angoisse, une sensation de débordement — ou quelque chose qui ne cadre pas avec mon voilier intérieur — je prends un temps de recul. Et, pour l’instant, je reviens toujours aux décisions que j’ai prises.


Cela ne signifie pas que je ne me permettrai jamais de changer de cap. Mais, pour maintenant, je maintiens la direction choisie. Le retour à l’écriture et à ce blogue fait partie de ce chemin, tout comme un retour aux études à temps partiel — un MBA en innovation, leadership et consultation — à compter d’octobre.


Pour la première fois depuis longtemps, je me sens véritablement excitée par l’avenir.


Au plaisir de vous retrouver — et surtout, de reconnecter sur un plan profondément humain et authentique.


Parfois, le plus grand lâcher-prise, c’est de laisser le voilier dériver là où la paix nous attend.
Parfois, le plus grand lâcher-prise, c’est de laisser le voilier dériver là où la paix nous attend.

 
 
 

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