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Temps et espace pour soi : s’offrir la liberté d’explorer et de respirer

  • Writer: Nadine Duguay-Lemay
    Nadine Duguay-Lemay
  • Dec 18, 2023
  • 4 min read

Depuis quelques mois, je remarque que je reviens sans cesse aux mêmes deux mots pour exprimer ce qui m’habite le plus profondément à ce moment-ci de ma vie : le temps et l’espace. Ils surgissent presque toujours ensemble, prenant la forme d’une phrase qui se répète, avec de légères variations :

« J’ai besoin de me donner le temps et l’espace pour explorer de nouvelles choses, pour créer, pour respirer. »

Chaque fois que je prononce ces mots, ils sont portés par une détermination forte — une détermination qui ne vacille pas, même lorsque mes gremlins se manifestent.


Pour celles et ceux qui ne sont pas familiers avec Brené Brown et son travail sur la vulnérabilité, elle décrit les gremlins comme ces voix intérieures façonnées par nos expériences, notre éducation et notre parcours. Des voix qui répètent souvent les mêmes messages bien connus : « Tu n’es pas assez » et « Pour qui te prends-tu ? »


Ça vous parle ?


Nous avons tous des gremlins. Les miens sont particulièrement actifs ces temps-ci, surtout depuis que je relâche peu à peu ce que je connais, afin de faire de la place pour ce que j’ai envie d’explorer… et de devenir.


Mon analogie du jardin

Comme je le partageais dans un billet précédent — Le double tranchant des nouveaux départs : l’excitation, le deuil et la dualité — créer de l’espace pour du nouveau demande souvent de laisser aller ce qui est familier et rassurant.


Il arrive aussi que l’on se sente tiré·e dans plusieurs directions à la fois, par des forces presque magnétiques. Je ressens cet appel depuis des années, mais je n’ai réellement pu y répondre qu’au moment où j’ai commencé à relâcher certaines peurs — celles qui avaient silencieusement façonné mes comportements et mes mécanismes de protection.


Pour donner du sens à ce processus, je reviens souvent à une image : celle du jardin.

Si l’on souhaite planter de nouveaux légumes ou de nouvelles fleurs, il faut d’abord désherber. Parfois, il faut tailler, transplanter, ou même décider de ne pas planter ce que l’on cultive habituellement. Créer l’espace nécessaire pour que de nouvelles graines émergent implique souvent de laisser aller ce qui poussait bien jusque-là.


Ce choix peut être déchirant. C’est un peu comme se départir d’un vêtement préféré — celui qui fait parfaitement, qui est chargé de souvenirs et qui apporte un grand réconfort — pour essayer quelque chose de nouveau, qui n’est pas encore tout à fait confortable. La croissance, après tout, nous demande souvent de tolérer un certain inconfort.


Et bien sûr, laisser aller le connu réveille presque toujours la peur de l’inconnu… ce qui explique pourquoi les gremlins se font alors particulièrement bruyants.


Dire non pour préserver du temps et de l’espace pour soi

J’ai aussi réalisé que lorsque notre horaire est trop rempli, les engagements peuvent tranquillement devenir des distractions — nous éloignant de ce qui compte vraiment pour nous.


C’est là que dire non devient essentiel, surtout pour celles et ceux d’entre nous qui ont de la difficulté à poser des limites. Une connaissance professionnelle me rappelait récemment quelque chose de simple, mais puissant :« Non est une réponse complète. »


Chaque fois que je libère de l’espace en disant non à des engagements motivés davantage par le devoir que par la passion, je sens un véritable changement d’énergie. Ma créativité s’ouvre. Ma voix s’affine. Et cela se reflète dans la fréquence à laquelle j’écris et publie sur ce blogue ces temps-ci.


Cela dit, je ne prétendrai pas que ce processus est sans peur. Je m’inquiète encore parfois des effets en cascade de mes décisions. Je me demande si dire non pourrait m’exclure, subtilement, de certains cercles. Après tout, j’ai déjà été gestionnaire en carrière et en employabilité, et je crois toujours à l’importance du réseautage et de demeurer visible.


Et pourtant… il y a cette voix déterminée qui continue de s’élever au-dessus du bruit. Une voix qui prend les commandes lorsque l’hésitation s’installe.


Si je suis honnête, c’est presque amusant. Cette voix parle avec une autorité maternelle — calme, ferme, inébranlable — et demande aux parties plus craintives de se taire. Puis, sans détour, elle me pousse à agir : faire l’appel, appuyer sur envoyer, avancer.


Je l’entends clairement maintenant — assurée, pressante, profondément ancrée.

Le cadeau du temps et de l’espace

Ce cadeau du temps et de l’espace est devenu une véritable exploration de mes élans, de mes passions et de mes besoins. Il a ouvert des portes que je n’aurais jamais imaginées — et la liberté de les explorer me grise.


Plus je demeure sur ce chemin, plus les signes se multiplient pour me rappeler que je suis exactement là où je dois être. Les messages de lectrices et de lecteurs qui me partagent à quel point mes mots résonnent en eux me rappellent pourquoi j’ai créé ce blogue en décembre 2018 : pour créer des liens, réfléchir ensemble, toucher des cœurs.


Savoir que mon écriture peut offrir de l’espace aux autres — pour se sentir vu·e, compris·e ou moins seul·e — est difficile à exprimer avec des mots.


Je termine en exprimant ma gratitude envers cette voix intérieure, constante et rassurante. Elle avance avec courage et clarté. Elle protège l’essentiel.


Elle est la gardienne de mon cœur et de mon âme.


Antique book open with glitter overlay
Un livre ouvert, invitant le temps, l’espace et la curiosité à explorer ce qui attend d’être écrit.  (Livre des possibles, par l’artiste Tomertu)



 
 
 

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