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L’introspection, ce chemin pour se pardonner

  • Photo du rédacteur: Nadine Duguay-Lemay
    Nadine Duguay-Lemay
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Nous avons tous été blessé.e.s par les actions des autres à différents moments de notre vie, et nous avons aussi, à notre tour, causé du tort à d’autres. C’est la vie, dans toute son humanité.


Mais, à y regarder de plus près, mon expérience ainsi que les échanges que j’ai eus avec de nombreuses personnes au cours des derniers mois me ramènent ailleurs. Les émotions les plus persistantes ne sont pas toujours dirigées vers l’autre. En réalité, elles se retournent plus souvent vers soi, où une dureté silencieuse finit par s’installer.


Nous nous reprochons ce que nous avons dit, ou ce que nous n’avons pas dit. Ce que nous avons accepté, ou ce que nous aurions dû refuser. Nous rejouons les scènes, encore et encore, comme si nous pouvions en changer l’issue. Les « j’aurais dû » se multiplient, prennent de plus en plus de place, jusqu’à devenir écrasants.


Puis, au fil du temps, on entend plus clairement les questions qui alimentent ce mouvement. Pourquoi n’ai-je rien vu ? Pourquoi n’ai-je pas réagi ? Pourquoi est-ce que cela m’est arrivé ? Elles s’entremêlent au doute, à la colère, à l’amertume… jusqu’à se retourner contre nous-mêmes.


Cette réflexion ne m’est pas nouvelle. J’ai déjà écrit sur le pardon et sur le rôle que le temps peut jouer dans ce processus J’y décrivais comment, parfois, sans fracas, le pardon finit par s’installer, comment la colère s’apaise, comment le ressentiment s’efface, presque à notre insu. Mais avec le recul, une autre question se présente aujourd’hui. Si le temps peut apaiser ce que l’on ressent envers les autres, qu’en est-il de ce que l’on continue de porter contre soi ?


Dans ce mouvement, nous devenons à la fois juge, témoin et accusé. Les recherches en psychologie parlent de rumination pour décrire cette tendance à revisiter nos erreurs ou nos blessures en boucle, souvent en amplifiant notre propre responsabilité. Ce processus, bien documenté, entretient la détresse émotionnelle plutôt qu’il ne l’apaise.


Ce qui nous retient ne se limite pas à ce qui a été fait. Cela inclut aussi ce que cela a éveillé en nous… et la manière dont nous continuons, parfois malgré nous, à entretenir cette dureté envers nous-mêmes. Le reconnaître ouvre un espace de guérison.


Quelque chose d’essentiel se joue dans cette prise de conscience.


Accueillir ces pensées, même lorsqu’elles sont inconfortables, qu’il s’agisse de colère, de regret, de honte, de déception envers soi ou d’autres émotions. Voir avec lucidité et compassion la personne que nous étions dans ce moment-là, ainsi que le contexte et les circonstances qui l’entouraient, sans détourner le regard, mais sans s’y enfermer non plus.


Plusieurs travaux en psychologie sur la rumination, la compassion envers soi et le pardon viennent éclairer ces observations Les travaux de Kristin Neff montrent que la capacité à se traiter avec compassion, même dans l’erreur, est un facteur clé de résilience et de transformation. De son côté, Everett Worthington souligne que le pardon de soi est un processus distinct, qui demande de reconnaître sa responsabilité sans s’y condamner. Il est d’ailleurs tout à fait possible de pardonner aux autres sans se pardonner à soi-même, un déséquilibre fréquent chez les personnes empathiques ou exigeantes envers elles-mêmes.


Se pardonner demande autre chose. Cela demande de relâcher l’illusion que nous aurions pu être parfait.e.s dans un moment où nous ne l’étions pas. Ce n’est pas effacer ni excuser. C’est accepter que, dans ce moment-là, avec ce que nous savions, avec ce que nous portions, nous avons fait du mieux que nous pouvions.


C’est déposer le poids du « j’aurais dû » pour faire place à un peu plus de douceur. C’est cesser de se définir par une version figée de soi et s’autoriser à évoluer.


Se pardonner, c’est peut-être, au fond, reconnaître que nous ne sommes pas que ce moment-là, et accepter d’être humain… pleinement.


Main tenant délicatement une petite fleur rose sur fond vert flou, évoquant la douceur, le pardon et la bienveillance envers soi.


Dans le prolongement de cette réflexion :




Ce qui a nourri cette réflexion:


Plusieurs éclairages issus de la psychologie viennent aussi nourrir cette compréhension. Les travaux de Kristin Neff montrent que la capacité à se traiter avec compassion, même dans l’erreur, est un facteur clé de résilience et de transformation. De son côté,  Everett Worthington souligne que le pardon de soi est un processus distinct, qui demande de reconnaître sa responsabilité sans s’y condamner. Les réflexions de Christophe André  sur l’acceptation de soi et la bienveillance intérieure viennent aussi éclairer ce chemin.

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